Parfois même juste derrière chez soi…

fiume taro

Alors que routes et autoroutes sont encombrées et que l’habituelle balade du dimanche devient plus une corvée qu’un plaisir, il fait bon redécouvrir des lieux que l’on ignore à deux pas de chez soi, mais qui réservent de bonnes surprises. C’est ce qui m’est arrivé aujourd’hui. C’était impossible de prendre la route : la foire du village a amené une foule de gens qui ont envahi les rues avec leur voiture. La journée était magnifique cependant : un ciel bleu sans un nuage et une légère brise : un temps idéal pour une promenade à pieds. Nous avons donc décidé d’ « explorer » la piste cyclable qui longe la rivière. Nous l’avons vue tant de fois en passant en voiture, nous nous sommes même garés tout près du début de la piste mais nous avons jamais eu la curiosité, l’envie ou le temps d’y aller.

Et bien, je n’imaginais pas qu’elle puisse être si reposante. Il n’y avait personne et les chiens ont pu courir et flairer librement, et se baigner dans la rivière. Même les jardins potagers et leurs cabanes m’ont semblé jolis, alors que d’habitude je les prends pour des décharges, aujourd’hui elles m’ont semblées sympathiquement naïves.

D’un côté du chemin de beaux fruits mûrs et des tournesols et leur tête inclinée, des vignes entortillées sur les clôtures ; de l’autre, l’herbe verte d’un pré, les galets blancs et l’eau fraîche et limpide de la rivière.

Et nous n’étions ni en Autriche ni dans le Tyrol, mais derrière chez nous !

Pas que de la bière…

viniQuand on pense à l’Autriche ou à l’Allemagne, instantanément et par association, on pense à la bière et aux fameuses brasseries de Munich, anciennes, immenses et bruyantes. Et d’ailleurs, comment oublier le goût particulier de la Rauchbier, la bière fumée, spécialité de la belle ville allemande de Bamberg ? C’est moins évident de penser que ces villes produisent aussi de bons vins. Il existe pourtant une tradition qui remonte aux Romains qui cultivaient les vignes en Allemagne, sur les rives du Rhin. Entre Mayence et Coblenz, le fleuve offre un paysage ravissant le long de ses rives composé de vignes parfaitement alignées et au cœur de la Forêt Noire, les bois offrent même de l’espace à des collines où poussent des vignes.

A Gengenbach par exemple, je me souviens avoir goûté un excellent riesling et j’ai acheté diverses bouteilles de vin aux fruits des bois. J’avais l’intention d’en offrir à des amis et à la famille mais finalement les bouteilles sont arrivées vides à la maison ! Même en Autriche, où la majeure partie des vins produits dans le bassin du Danube, les vignes furent rapportées par des légionnaires romains. Ces vins sont avant tout légers.

Les Autrichiens ont une véritable passion pour les vins nouveaux, non fermentés. Le Schilcher est aussi très apprécié ; c’est un vin demi sec de la Basse-Styrie. Les excellents vins blancs et rouges viennent des régions du Burgenland. Un vin doux, vraiment particulier, typique de ces villages est produit en utilisant les raisins vendangés au cœur de l’hiver. Les grappes à moitié déshydratées sont récoltées avant la levée du jour, on jette la partie aqueuse et on conserve les quelques de gouttes de jus concentré. Après une longue période de fermentation naturelle et après être passé plusieurs fois, un an et demie après la vendange, l’Icewine est prêt. C’est un vin de dessert que certains appellent Vin de Lune. Depuis peu en Italie, dans le Piémont, on essaye de produire ce vin. Il ne nous reste plus qu’à le goûter.

Détente à Borgo Casale

borgocasale

Entre les collines de la haute vallée du Taro et la Vallée de Gotra, dans les Apennins parmesans, un petit bourg médiéval a été complètement rénové et transformé en relais de repos. Ainsi, l’ancien Borgo Canto qui date du XIIème siècle a été sauvé. L’architecture des lieux a été respectée et aujourd’hui on peut de profiter de cures thermales, de soins esthétiques ainsi que de nombreux moments de détente.

Il est donc possible de se promener sur les vieux sentiers du bourg ou dans les châtaigneraies de la vallée ou se réjouir de massages aux pierres chaudes, ou inspirés d’anciens rites égyptiens. Le bourg est très beau et décoré avec soin, bon goût et fantaisie, et c’est stimulant de ne faire rien qu’une brève halte pour visiter l’endroit. Et puis pourquoi pas s’arrêter à l’auberge « La Peschiera » non loin de là, à Boschetto, un hameau d’Albareto, où on cuisine une fabuleuse trota alla birra (truite à la bière), mais aussi des tagliatelle ai funghi porcini (tagliatelle aux cèpes), le tout accompagné d’une excellente Vernaccia ou d’un bon Chianti.